Critiques             Films                   cinéma  

  

 

7 septembre 2008

Claude & Michèle David

Film : « Le premier jour du reste de ma vie »

L’intérêt de faire une critique à deux, c’est évidemment de pouvoir confronter nos points de vue. La plupart du temps, nous sommes assez d’accord sur -disons- la qualité d’un film. Et nous livrons à Basdelaisne l’ensemble de notre réflexion.

Pour ce film, globalement, nous n’étions pas d’accord. Monsieur a fait la fine bouche, Madame a plutôt aimé. Il semblerait, au vu du nombre d’entrées que Michèle soit en accord avec les spectateurs qui semblent plébisciter le film.

En tout cas, le sujet nous a intéressé car nous en parlons encore trois jours après !

A vous, chers lecteurs, de faire le tri dans nos observations, qu’elles soient positives ou critiques !

Il s’agit ici d’une chronique au fil du temps (beaucoup de flash-back) d’une famille de petits bourgeois, avec ses joies et ses peines. Dans nos familles, nous avons du mal à communiquer et nous disons que nous nous aimons quand arrivent des catastrophes, quel dommage ! Famille, je vous hais, mais j’ai tellement besoin de vous ! C’est un peu la morale de l’histoire…

Somme toute, cette famille (Zabou et Gamblin sonnent très justes) n’est pas la vôtre (c’est aussi ce qui peut déranger) mais elle y ressemble forcément par quelques côtés et globalement elle s’inscrit bien dans l’époque. En tout cas, les personnages sont cohérents et ont une véritable épaisseur.

On peut voir le film également comme une suite de sketchs, dont certains un peu graveleux, mais tant pis, on se surprend à rire. Un peu l’humour sans complexe de « Mary à tout prix », ce qui devrait séduire aussi un public jeune.

Nous avons trouvé le montage parfois chaotique, et inutile les encarts -panneaux avec dates- un peu lourds et superflus, mais dans la logique du film, comment faire autrement ?

Nous nous retrouverons sur la conclusion : un film qui pose des questions, où l’on a des émotions, le titre nous a dérouté (c’est la chanson connue d’Etienne Daho) et si nous proposions tout bêtement : « C’est la vie » ?

 

Claude et Michèle David


7 Septembre 2008
 Claude&Michèle David
FILM : « L’empreinte de l’ange », drame de Safy Nebbou avec Catherine Frot, Sandrine Bonnaire et Vladimir Yordanoff

 

L’un de nos films français préférés de la saison ! Catherine Frot et Vladimir Yordanoff se retrouvent dans un problème familial bien éloigné d’  « Un air de famille »…

Pas facile de parler du sujet sans le déflorer, ce que, quand nous sommes nous-mêmes lecteurs de critiques ne supportons pas ! Sachez alors seulement que les deux actrices féminines nous donnent une remarquable interprétation autour du thème de la maternité, de la filiation… On est tenu en haleine comme dans l’inoubliable « Ne t’inquiète pas, je vais bien » car on ne sait que croire, qui croire ? On s’interrogera une partie du film, finement mené, bien construit. Mais surtout on sera ému par la sensibilité et la justesse apportées aux deux principaux rôles féminins.

Un prime aux enfants-acteurs dirigés pour être naturels et convaincants.

Ne pas louper les quelques mots sur l’écran à la toute fin du film qui nous donnent une indication importante.

Un beau film qui remporte les suffrages de vos deux critiques réunis !

Claude et Michèle David


20 août 2008
Claude & Michèle David
Sur nos écrans à Château-Thierry   : « Wall-e » studios Disney, Andrew Stanton

Cinéma : Wall-eWall-e (prononcer « ouali » pour avoir l’air dans le coup) est un petit robot qui n’est pas sans rappeler E.T. physiquement et psychologiquement si l’on peut dire d’un robot. Le film plaît aux enfants et ne déplaira peut-être pas à un public adulte hyper-sensibilisé sur les problèmes d’environnement et la crainte d’arriver à un point de non retour pour notre planète. En dehors de cela, l’histoire est simplissime et convenue. 
Si l’idée est de porter un regard sévère sur notre civilisation avec médaille d’or à l’Amérique, Pixar et les studios Disney voient la paille dans l’œil de l’autre et pas la poutre dans le leur. 
Compétition partout, émotivité zéro ! (les tremblements et les pleurnichages de Wall-e sont d’un niveau très robotique) 
Il faudra rappeler aux enfants tout de même -et espérons qu’il va sans dire- qu’un robot ne peut pas avoir de sentiments. Un jour on vous racontera peut-être comment Pixar jette ses créateurs à la rue après usage : là il y aurait de quoi faire dans le pathos…

Ah ! Pour les cinéphiles avertis : il paraît que Wall-e serait « Rencontre du 3ème type » de Truffaut, inversé. Non ? Ils auraient osé ?


Claude-e et Michèle-e David



                               Claude & Michèle David

                  Trois films français, trois comédies...

TClaude David chroniqueurrois films actuellement dans vos salles, trois films français, Michèle Davidtrois comédies :

«La personne aux deux personnes », «En raison d’un arrêt de travail », « Mes amis, mes amours » 

 

La personne aux deux personnes

On a quelques craintes rien qu’au titre : « ils » auraient pu faire mieux ! Ceci dit, on est quand même attiré par l’affiche et ses stars. Bah oui, Auteuil n’a pas pu jouer dans un navet total ! Mais lui et son comparse Chabat sont des gars qui n’ont plus rien à prouver et capable d’aider un nouveau réalisateur. On verra qu’Auteuil est prêt même à aller assez loin en campant un personnage bien niais avec un look très débranché. Même dans le plus simple appareil, il trouve le moyen d’être laid et ridicule. Bravo l’artiste !

Le film a un peu de mal à démarrer, c’est vrai que le sujet demande une exposition incontournable mais nécessaire. En fin de compte, les réalisateurs (Nicolas et Bruno : ils sont eux-mêmes « la personne aux deux personnes », dirait-on ? ) Puis on est pris par la folie de l’histoire et Daniel Auteuil nous y aide bien, Alain Chabat égal à lui-même. La jolie Marina Foïs contrebalance les deux idiots précédents mais on la verra sortir de sa coquille techno-commercialo-bureaucratique, et ce sera un vrai plaisir

En raison d’un arrêt de travail…

De Frédéric Andrei, avec Charles Berling, Patrick Timsit et Dominique Blanc.

Nous restons dans le même monde d’aujourd’hui de business, de mondialisation, au bord du gouffre. Mais cette fois-ci, la révolte gronde et rien ne va plus. Avec la bande annonce, on pouvait s’attendre à l’affrontement tout le long du film de deux personnages que tout oppose. On est progressivement rassuré et même surpris de leur complexité. Si les Ch’tis ont fait œuvre éducative sur le thème :  « combattons les préjugés », « En raison d’un arrêt de travail » nous explique utilement –s’il en est besoin- par la démonstration que le monde n’est pas bi-polaire, que l’humain va heureusement se nicher autant chez le cadre branché que chez le bohème, pardon, le bobo comme on dit maintenant… Les grandes illusions ont du plomb dans l’aile mais cet univers est devenu encore plus dur, sans concessions de part et d’autre. En même temps, les incertitudes gagnent et de nouvelles frontières se dessinent à moins qu’elles ne s’abolissent carrément.

Vous verrez, au gré de ce road-movie, on a finalement du mal à choisir son camp ! Et c’est tant mieux.

Sommes-nous pour autant dans le consensus mou ?

Deux personnes qui en principe n’auraient pas eu l’occasion de se croiser vont se rencontrer dans cette histoire, ça n’arrive pas souvent, c’est bien dommage…

Au contraire, le film suivant tombe dans la convention à tel point qu’on a déjà l’impression d’avoir déjà vu tout ça.

Mes amis, mes amours

D’après livre de Marc Lévy et fabriqué par soeu-sœur. Lindon joue très bien avec sa gueule d’épagneul gentil et pleurnichard, Bernadette Lafont est dans son rôle à fond (elle est bien bonne). Mais le film est conforme à l’écriture de Marc Lévy, c’est plat, téléphoné, sans fond, artificiel. Avec un petit côté sous-Auberge espagnole, mais à Londres. Instructif et documentaire la « rue des français » et quelques gouttes d’humour anglais qui nous font tirer les coins. Mais… ! L’histoire ne va nulle part, enfin jusqu’au happy end convenu malgré son improbabilité. Un bon point à Florence Foresti qu’on sent capable de jouer au second degré ce qui n’est pas vraiment dans le style de ce film, un peu roman photo de « Nous Deux » un peu « Arlequin » en cinéma… Vous aimez Marc Lévy qui vient encore de faire un best-seller ? Bah oui, vous êtes nombreux, très nombreux ! Alors, choisissez ce film, il faut peut-être passer par là… puis je vous souhaite d’avoir vite besoin d’autre chose. Mais peut-être êtes-vous très jeune ? Alors d’accord !

Claude  & Michèle David

 


26 juin 2008Michèle DavidClaude David chroniqueur                  
           Claude et Michèle David

 

               Cinéma : Sagan

 

La vie de Françoise Sagan, c’est du cinéma ! Aussi le film est intéressant à plus d’un titre. Si l’on connaît Sagan pour l’avoir lue (au moins ses premiers titres) et suivi sa vie tumultueuse, le film nous la recadre dans son époque et donc dans son environnement.

Avoir eu autant de succès et d’argent alors qu’on est une toute jeune fille, ce fut la chance et le malheur de sa vie.

Ce début a tout déterminé pour la suite. Elle a vécu comme bien d’autres « stars », en se faisant piller, en étant trompée sur l’amour, l’amitié, en croyant toujours vivre librement alors qu’elle était le jouet de son environnement.

Quelques vraies rencontres ont créé des liens sincères, en particulier celle avec jacques Chazot (Palmade, excellent, juste).

Lorsque ces vrais amis, ses vrais amours disparaissent, elle reste seule. Elle passera également à côté de l’amour de son fils.

Mais combien de stars du show-biz négligeront l’éducation de leur progéniture, et plus encore l’amour nécessaire,  en pensant que l’argent suffirait ?

On ne répétera pas ce que toute la presse a dit sur le bon choix de Sylvie Testut pour le rôle. Elle s’est totalement appropriée le personnage, jusqu’à nous en agacer même…

Aucun doute, « Bonjour Tristesse » va se revendre comme des petits pains ! Mais où avons-nous fourré ce vieux livre de poche ?

Le relire aujourd’hui peut nous faire voir Sagan sous un autre jour : le temps a passé, les mœurs ont changé et le scandale n’est plus ce qu’il était !

Claude et Michèle David

 


 7 juillet 2008

Claude David chroniqueur  TV : feuilleton sur A2 :" Sur le fil", les vendredis soirs

Enfin un policier français qui tient la route et ses promesses ! Tout y est : bonne intrigue, personnages bien démarqués mais suffisamment complexes pour diffuser une humanité vraisemblable.

La série réussit là où « quai n°1 » ou quelques autres « PJ » avaient lancé quelques pistes inabouties. Catherine Touzet et Martin Garonne ont ficelé une trame qui se tient, des impasses, des surprises, un suspens qui maintiennent et relancent l’histoire.

L’émotion passe parce qu’on croit aux personnages. On les aime tous comme ils sont, surtout avec leurs défauts.

Des défauts mineurs à côté de leurs qualités : Munoz dont le visage anguleux et l’œil noir annoncent déjà la nervosité, le caractère emporté, trop sensible… Julien Forge et ses illusions, « baby face » naïf mais brave type… Dupré, le dragueur un peu fêlé mais capable de tout par amitié…  Fossati, le vieux flic blasé, rien  à perdre…

Seules les femmes semblent garder toujours leur sang-froid, qu’elles soient flics ou juges, est-ce la main d’une scénariste qui leur a épargné les errements de leurs collègues masculins ?

Toujours est-il que l’équipe est toujours effectivement « sur le fil » comme le nom bien trouvé de la série. Enfin ce qui rapproche la série française des séries américaines : un bon rythme qui n’abuse pas des plans de coupe et qui sait laisser cadrages et montage invisibles.

Pour conclure, ce qui éloigne la série française des américains et qui personnellement me réjouit : le second degré (dont l’humour) qui ne sera jamais imité par nos amis yankees, parce que c’est ainsi que nous sommes, contradictoires et un plus profonds qu’un Jack Malone qu’on aime bien mais dont on a vite fait le tour.

Cocorico.

Claude David

 

 

Le 18 avril 2008

Jai succombé aux "Ch'tis" moi aussi !

CFrançoise Delolher lecteur de Bas de l'Aisne, j'y ai succombé!
A quoi donc, me dis-tu? Et bien tout simplement à l'envie d'aller voir LE phénomène actuel du cinéma français... "Bienvenue chez les Ch'tis!"
Depuis le temps qu'on nous serine les oreilles avec ce film, qu'on nous dit que depuis "La Grande Vadrouille", y'a pas eu plus drôle, je me suis dit, allons y!
Me voilà donc ce samedi soir là dans une salle quasi complète du cinéma de Château-Thierry en compagnie de cinéphiles rigolards qui avaient du déjà voir le film plusieurs fois apparemment.
Alors, je ne vais pas te raconter le film, ce ne serait pas "fair play" de ma part, je vais juste te dire ce que j'en ai pensé, et surtout si j'ai aimé... ou pas! je te campe quand même le décor, ou plutôt le sujet du film: Kad Merad, cadre à la Poste, est nommé chef au bureau de Poste de Bergues, petite bourgade du Nord Pas de Calais. Une catastrophe pour lui et sa famille qui ne connaissent que le sud et son soleil... Sur place, il fait connaissance avec Dany Boon, facteur à vélo, et toute son équipe de postiers joyeux lurons.... Bien vite, le désespoir de notre chef de bureau s'estompe...
Il y a dans ce film, d'abord, beaucoup de tendresse, je crois, pour tout ce qui a trait au Nord, aux gens qui habitent, à ses coutumes et plus spécialement à ses carillons de beffroi, etc... il y a aussi et surtout beaucoup d'humour et c'est ce qui fait bien entendu le succès immense de ce film: Dany Boon est vraiment un très bon comédien, il y a des répliques qui fusent très juste et le duo avec Kad Merad fonctionne très bien, on sent que les deux acteurs se sont bien "bidonnés" en tournant le film.
Pour ma part, le moment que j'ai préféré a sans doute été  la distribution du courrier en vélo: ça va crescendo, de porte en porte et d'apéros en apéros... et la tournée s'achève de façon un peu "catastrophique"!, chut, je ne t'en dis pas plus!!
J'en ai discuté avec un Marseillais de tous ces clichés qu'on les gens du Sud à propos du Nord et il n'a pas démenti la chose: lui aussi, la première fois qu'il est monté à Lille avait pris sa doudoune et ses grosses chaussettes, tout comme Kad Merad!!
Le film passe comme une lettre à la Poste... c'est le cas de le dire, seulement voilà, je m'interroge tout de même: de là à faire plus de 10 millions d'entrées.... c'est vrai que c'est drôle... mais, personnellement, je préfère un humour plus, comment dire, plus corrosif, plus déjanté, un peu comme dans "Les Tontons flingueurs" ou plus près de nous "Enfermés dehors" d'Albert Dupontel, ou encore un humour type anglais comme les Monty Python savaient le faire... bon, mais ne va pas croire que je n'ai pas aimé "Bienvenue chez les Ch'tis!", au contraitre... c'est juste que je suis restée un peu sur ma faim!
Françoise Delol

 


 

 Mercredi 26 mars 2008

Claude David : Les ch'tis et Télérama


     
Claude David chroniqueurC'était à prévoir, Télérama n'a pas aimé "Bienvenue chez les Ch'tis" mais se méfie quand même de l'audience incroyable de 15 millions d'entrées que le film est en passe de réaliser ! Dans ces spectateurs, il doit bien y avoir des lecteurs de Télérama ?
Rappelons-nous des très mauvaises critiques que l'hebdomadaire avait faites à propos du "Père Noël est une ordure" : devant le succès du film, qualifié de "film culte", quelques années plus tard par le même Télérama, les critiques se sont largement adoucies...
Oui, les "Ch'tis", ce n'est pas du très grand cinéma, pas du "Art et Essai"... c'est de la comédie populaire. Et alors ? Dans cette masse, combien ont envie de se changer les idées sans se prendre la tête, parce que la vie n'est pas rose pour tout le monde ces temps-ci ?
Ca se passe dans le milieu de la Poste, beuârk ! Ca se passe chez des gens simples, re-beuârk !
Oui, je vous l'accorde messieurs les censeurs bien-pensants du très chic -et en même temps très contre- Télérama, il y a des scènes un peu lourdasses, trop appuyées... un rien prévisibles...
Oui mais il y a aussi la très grande générosité de Dany boon et derrière lui de tous ces habitants qu'il aime, qui sont de chez lui et qui, c'est vrai, quand on les connaît un peu, ressemblent aux personnages du film. Mais il y a aussi là une fable humaniste à propos des préjugés les plus répandus et des préjugés en général et ça fait plaisir qu'ils soient aussi intelligemment battus en brèche en 1 heure 40 de projection. Et que 15 millions de personnes aient compris cela pratiquement en même temps !
Je n'ai pas honte d'avoir souri et ri devant ce film, et j'irai voir d'autres films, très différents... de même un jour, on est bien en jean et un autre on porte une tenue habillée, on aime un jour la mer, un autre jour la montagne, on a des amis comme ci, et on a des amis comme ça. Bref ! De la diversité et arrêtez de nous dire comment il faut être, comment il faut penser.
J'ai rencontré un ami ch'timi qui travaille à la poste, comme dans le film. Il a bien sûr très envie de le voir. Mais comme on n'est pas très bien payé à la Poste, il verra une copie faite sur internet... un spectateur de moins. Eh oui, parce que le cinéma, cela reste quand même un peu cher pour les gens les plus modestes.

Claude David


 Le 7 mars 2008 

 Françoise Delol : "There will be blood"  : ça c'est du cinéma !

  ther will be blood Une invitation au cinéma, ça ne refuse pas... surtout pour aller voir du beau, du grand, du magnifique cinéma, profond et intelligent, je veux parler de "There will be blood" sorti réçemment. Ce film de Paul Thomas Anderson met en scène cet énigmatique, formidable et trop discret acteur qu'est Daniel Day Lewis dans une fresque historique relatant toute la vie d'un chercheur de pétrole devenu très riche au début du XXème siècle aux Etats-Unis.

Un personnage devenu cruel, voire inhumain au fil des années et qui voit sa fortune s'allonger au fur et à mesure que sa haine pour les hommes grandit. Tout est dans les paysages arides, au ciel tourmenté, dans les visages des paysans dont Daniel Day-Lewis rachète un à un les terres pour y forer du pétrole puis faire passer un pipeline jusqu'à la mer. Tout est dans les regards, les non-dits, les gestes de cet acteur horriblement séduisant et qui a trouvé là de quoi exprimer tout son art. Pas un temps mort dans ce film qui fait quand même près de 2 h 30, chaque mot prononcé par l'acteur principal, chaque attitude, chaque réaction est attendu avec fébrilité... Y'a pas de quoi rire, y'a pas de quoi pleurer dans ce film, mais il y a tant et tant d'émotions: une vraie leçon d'art dramatique avec en "fil rouge", l'amour intense d'un père pour son fils.

On connaissait Daniel Day-Lewis dans ce qui fut son plus grand succès au cinéma, "Le dernier des Mohicans", adaptation du cèlebre roman du même nom. Ce film date déjà de 1991, puis on l'a revu dans des films peut-être moins connus tel que "Au nom du père" ou plus réçemment dans la fresque de Scorcese "Gangs of New-York" relatant la création de ladite ville. En somme, on l'a très peu vu au cinéma et c'est très dommage... Je suis sortie de la salle "ébouriffée" ( c'est une image, rassures toi!), séduite, enchantée avec cette impression d'avoir assisté à un chef-d'oeuvre... et ce n'est pas peu dire. 

Autrement dit, lecteur de Bas de l'Aisne, si le temps te le permet, si ce week-end, les élections te "barbent", après avoir voté, prends ta voiture et file tout droit à Reims, ou ailleurs peu importe, là où se joue "There will be blood"... et installe toi, laisse les autres faire et dire... et regarde: ça, c'est du cinéma!!
Françoise Delol

 


 

 le 26 février 2008

Françoise Delol "Paris" : L'urgence de vivre et d'aimer

 

 Paris film de Cédric KlapischSamedi dernier, plutôt que de passer la soirée en tête à tête avec mon chien ( il y a pire...), j'ai préféré me rendre au cinéma voir le dernier film de Cédric Klapisch intitulé sobrement "Paris".
Et mon idée était très bonne puisque j'ai passé là une excellente soirée. Sans vouloir raconter le film( cela n'aurait aucun intérêt), j'ai retrouvé ce qui me plait tant dans le cinéma à la Klapisch ( "L'auberge espagnole", "Les poupées russes", "Peut-être" etc...) cet univers à la fois réaliste et touchant, drôle et sincère, sans jamais être cliché ni verser dans le mélo. Une fois de plus, nous revoilà en compagnie de Romain Duris devenu au fil des années acteur fétiche du cinéaste, mais aussi en présence de Fabrice Lucchini, Juliette Binoche, Albert Dupontel etc... et toute une galerie de comédiens qui tous ont leur place dans ce film construit comme un hommage à la vie de quelques Parisiens.
Il y a ce danseur condamné par un coeur qui ne bat plus assez fort ( Romain Duris), cette jeune femme à l'aube de la quarantaine qui a fait une croix sur l'amour ( Juliette Binoche), ce professeur réputé de la Sorbonne qui tombe amoureux fou d'une de ses étudiantes ( Fabrice Lucchini et Mélanie Laurent), cette boulangère au coeur de pierre ( Karin Viard), ce vendeur des halles de Rungis qui éprouve une peine immense à la mort de son ex femme( Albert Dupontel) et tant d'autres... Des histoires de coeur en somme qui se mèlent et s'entremèlent.... qui nous ressemblent un peu, beaucoup, aussi... et c'est sans doute pour cela que ça marche, que l'on est séduit par ce film tout en finesse et en charme. Un film sur l'urgence de vivre et d'aimer.
Personnellement, j'aimais déjà beaucoup Romain Duris, cette fois ci, je l'adore! Quel charme, quel jeu, quel acteur! J'en fais moi aussi mon acteur fétiche!
Quant à Albert Dupontel, fini les rôles de déglingué, de déjanté ( "Bernie", "Enfermé dehors" etc...), le voici adouci, calmé... et c'est très bien comme cela!

Françoise Delol

 

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