Le 8 Septembre 2008 Crouttes sur Marne : Donner des couleurs à la lecture Interview de Claude David : « J’apprends à lire avec les couleurs » méthode de lecture mise au point par Elizabeth Leredde de Crouttes-sur-Marne
Claude David : Qu’est-ce qui vous a motivée pour écrire cette méthode de lecture ? Elizabeth Leredde : J’ai appris à lire à mes trois enfants à partir de cette méthode avant même que le livre soit réalisé, j’ai voulu en faire profiter d’autres enfants. CD : A partir de quels éléments vous êtes-vous appuyée ? EL : Au début, je me suis inspirée de méthodes existantes et de ma propre vision naturelle des sons que j’ai toujours vus en couleur. Comme je ne trouvais pas dans les méthodes du commerce ce que je cherchais, je me suis résolue à créer ma propre méthode. CD : Pourquoi une méthode syllabique ? EL : Je fais partie des dernières générations à avoir appris à lire de manière syllabique, je ne m’en porte pas plus mal, j’estime être une bonne lectrice. Il me semble que ce type d’apprentissage correspond mieux à la structure de notre langue, qu’apprendre ainsi est une étape nécessaire et que la lecture globale vient ensuite. CD : Rimbaud voyait le E blanc, le I rouge, le U vert, le O bleu et le A noir, j’ai vu dans votre ouvrage que vous aviez vu le O bleu comme lui, mais que vous n’insistiez pas sur les autres voyelles, pour quelles raisons ? EL : J’ai choisi d’insister sur le « O », car c’est la seule voyelle qui se décline orthographiquement différemment. C’est un hasard si j’ai choisi la même couleur que le poète. Dans une prochaine édition, je ferai un récapitulatif des voyelles en début d’ouvrage, ce que je n’ai pas fait dans celle-ci en considérant que les voyelles étaient à priori acquises. CD : Des parents, en utilisant votre méthode avant l’âge officiel préconisé par l’école de France, auront envie de savoir quelle incidence cet apprentissage précoce a pu avoir sur vos enfants ? EL : A part le fait que les instituteurs voient souvent d’un assez mauvais œil cette pratique qui marche un peu sur leurs plates-bandes, je peux dire que les capacités de mes trois enfants se développent de manière très différentes et qu’il n’y a donc pas de lien entre cette apprentissage et leurs goûts et aptitudes actuels. L’aîné a commencé à apprendre vers 3 ans et n’est passionné que de science, ma fille est davantage attirée par la lecture, le dernier a connu des difficultés (légère dyspraxie). Je pense que l’important est de donner aux enfants quand ils sont prêts et de respecter leur rythme. CD : Merci pour tous ces éclaircissements ! Quelques détails plus techniques : pourquoi avoir fait paraître votre livre à compte d’auteur ? EL : Les éditeurs –même spécialisés- sont submergés par les projets de livres. Il semble même qu’ils ne les regardent pas, je n’ai pas eu le choix. Ceci dit, j’ai démarché les orthophonistes et cent cinquante d’entre eux l’ont acheté, la plupart m’ont dit qu’ils trouvaient les histoires amusantes et ont témoigné qu’elles plaisent aux enfants. CD : Combien de temps vous a-t-il fallu pour concevoir un tel livre ? EL : Environ deux ans. Ce sont les illustrations qui m’ont pris le plus de temps, j’ai travaillé avec l’assistance de l’ordinateur et l’aide de la photo (toute la famille a été mise à contribution) CD : Avez-vous d’autres projets ? EL : Oui, une réédition avec quelques ajouts et la commercialisation d’une dizaine de jeux collectifs dans deux mois environ.
Claude David Crédis photos : Claude David (On peut trouver la méthode d’Elizabeth Leredde au prix de 15 euros entre autres au magasin Super U de Charly-sur-Marne, à Paris dans les Fnac Montparnasse et Champs Elysées, chez Gibert, sur Fnac.com ou chez l’auteur, 33, grande rue – 02310 Crouttes-sur-Marne) Pour en savoir plus sur la méthode et également sur la dyspraxie, consulter : http://couleur.lecture.over-blog.com |